2.09.2010

Le Didier

Vous les femmes qui ne tombez que sur des Didiers, may you find a peace of mind, ou changez un peu de mode de vie. Ne serait-ce qu'une semaine ou deux. 
Parce que le Didier, ce n'est pas, malgré ce que son nom indique, le collègue de bureau de la Défense qui sue dans l'ascenseur le matin et dont la chemise trop large/trop serrée aux poignets nous fout le seum. Non, le Didier, c'est plutôt à La Fidélité, au Montana, chez Régine, ou encore dans les nouveaux lieux un peu pourris qui ouvrent, genre le Tigre, qu'on le croise. Il flaire la vib', il cherche des nouveaux lieux tendances. Le Didier est toujours trop souriant. Pour être copain avec tout le monde. Personnalité figée, il vous invite toujours avec le même genre de crédo : "viens, ce sera hyper sympa comme soirée !".
Le Didier fait pleins de trucs à la fois, il croule sous les projets, et c'est justement ça qui le caractérise : un peu agent d'artistes, il vous pompe l'air à vous parler de son nouveau groupe de poulains qui vont cartonner tellement que même Air va pas s'en remettre. Un peu organisateur de soirées, vous recevez 5 mails Facebook par jour pour une obscure soirée un jeudi au fin fond du 20ème, où y'aura pleins de musiciens, pleins de gens très sympas et où ça coûte que 7 euros l'entrée avec une conso. Gonflant.

Et surtout, le Didier est un peu Dj. Il passe des mp3 de ouf dans des bars de son quartier, à proximité, c'est mieux : s'il lève de la gonz', c'est pratique, pas besoin de lui payer le taxi, il habite "juste en face". Oui, le Didier est sympa mais, éparpillé dans ses inombrables activités trop ultra interessantes, il est, malgré sa créativité dingue donc, fauché. N'attendez pas qu'il vous invite au resto. De toutes façons, il ne mange pas. Sauf des Knacki balls à 8 heures du matin. Parce que le Didier sait aussi être trashos dès le petit jour. En scred.

Car le Didier est mystérieux. Difficile de le voir avant 20h, heure sacrée où il organise un apéro cool dans un bar hyper sympa (encore). Que fait-il le matin ? Qui est-il ? Qui sont ses parents ? A t-il son bac ? Une sécu sociale ? Un nom de famille ? Mystère.
Enfin, le Didier n'a pas d'âge. Mais on grille à sa culture 80 qu'il a du passif. Trentenaire, on ne saurait dire son âge qu'à la lumière du jour. Mission impossible de dater le Didier, donc, puisque le matin il est introuvable et croule sous les Knacki balls.

Éphémère, le Didier ne couche qu'avec des filles qui n'ont pas eu le temps de se rendre compte que c'était un Didier, justement. C'est pour ça que ses relations ne passent pas les deux semaines. Pauvres victimes du Didier. Elles se sont laissées avoir par sa chemise à carreaux et sa barbe décontractée. Elles avaient pas vu qu'il mettait de l'anti-ride Garnier et qu'il s'épilait les sourcils, la journée, quand il vit sa double vie. (Peut-être même qu'il déjeune tous les jours chez maman ? Qui sait ?...) 

Mais tout ce qu'on sait de lui, en un sens, c'est déjà trop. Alors on lui dit oui oui, on lui promet qu'on viendra, on lui file un faux numéro, on le met en limited profile Facebook, et on passe à une autre.

Parce que le Didier, comme son nom l'indique, ... Bah. On l'appelle Didier quoi. C'est déjà trop.





Merci à Paulina pour ce concept original.

1.26.2010

Le Doucheur

Non, ce n'est pas une métaphore nazie, circulez les fachos.

Le Doucheur, c'est le mec qui sommeille chez tous les garçons. C'est leur alter-ego quotidien. S'il est niché bien profond, c'est pourtant lui qui régit et qui décide lors des moments-clefs. Il ne daigne pas sortir tous les jours, le Doucheur, seulement lorsque c'est absolument nécessaire.  Quand il y a danger. Et il est castrant à point.

Retenez que quel que soit le mec dont on parle, il y a un Doucheur en lui. Obligé. Comme les couilles, c'est typiquement masculin. Mais comme les couilles aussi, la tare est plus ou moins grosse, et tous ne sont pas de grands Doucheurs-nés.

Mais c'est quoi, un Doucheur ? Au sein de la tendresse et de la tiédeur des relations que les garçons 2010 nous offrent, les compagnes et compagnons se blottissent tendrement les uns contre les autres. Au cours d'un froid hiver, ou d'un doux été, yeux dans les yeux, force est de constater que parfois, comme par inadvertance, ou par désir commun, on regarde en face. Dans la même direction : celle des projets. Voir l'échelon supérieur.

Et là, la douche. Froide. C'est comme ça qu'il fonctionne, le Doucheur. Pas de cohérence, juste un pas sur le côté, un bon coup de froid pour calmer les ardeurs. Mollo les filles. On veut bien parler vacances, mais qui sait ce que l'on sera dans deux mois ? Je veux bien ta clef, mais n'oublie pas de reprendre ton tee-shirt que t'avais laissé la dernière fois.

Question de flux. Le Doucheur freine avec le robinet, se calme en marge, mais le vrai problème, c 'est qu'il revient chaud bouillant, tandis qu'on s'en est à peine remis. Il ose carrément. Après le qui vivra verra pour dans deux mois, et le tee-shirt repris, c'est l'envie de partir au ski, ou chez Mémé, qui reprend de plus belle.

- Tu me suivrais à Londres si je bougeais ?
- Pourquoi pas. Faut y réfléchir.

- Alors, London ? Qu'est-ce qu'on fait ?
- Attend, j'ai jamais dit qu'on partait ensemble.

Le doucheur soulèves des questions pratiques, et propose des plans d'avenir. Mais en fait, c'était juste pour savoir. Pour info.

Et B.I.M ! Une douche.
Véridique.

1.18.2010

Le Passif

Le Passif ne sort pas forcément de prison avec un casier lourd comme son manque d'action. Au contraire, disons que ce qui lui pèse, c'est justement le fait de ne rien vraiment faire. Alors sauf pour non-assistance à personne en danger, disons qu'il est tranquille. Ne blâmons pas les mecs qui sont au chômage, ni les homos jouisseurs. Disons-le tout de go : le Passif nous agace de sa passivité relationnelle. De sa passivité dans la vie. Le pauvre, le Passif ne s'en rend même pas compte : il aurait dû lire Sartre, et comprendre que tout, même le rien agir, est une question de choix.

Le choix, le Passif nous le laisse. La discussion aussi. C'est plus pratique. L'irresponsabilité, c'est son crédo. Ainsi, au final, si ça se passe mal, ou pas comme prévu, ce sera de notre faute, et non de la sienne. Classique... Rusé ? Optons simplement pour lâche. La nausée du choix monumental, le Passif ne connait pas, mais n'empêche, à terme, il peut bien dégouter et nous filer la gerbe.

Il n'y a peut-être qu'au lit qu'il se fend d'un peu d'action, d'un rien, d'un petit coup de rein. Au reste, de lui on ne peut s'attendre à grand'chose. Déjà, au lit, on l'y a amené, limite. Le verre, on lui a proposé. Et après, on se demande bien pourquoi on lui tend des perches. Sa seule action manquée, elle est freudienne, et elle n'ira pas plus loin qu'un moindre lapsus révélateur.

Car le Passif est-il réellement un Homme ? Qu'est-ce qui le différencie de l'animal ?
Sa capacité à prendre les devants et communiquer au moyen du langage ? Non.
Sa détermintaion à se poser maître de Sa vie,  centre de Son univers ? Surtout pas.
Sa capacité à prendre le dessus sur certaines situations ? Faut pas rêver.
Penser ? À quoi ?
Agir ? Et puis quoi encore.

Laissons donc le Passif là où il est. Au besoin, on saura où le trouver. Il n'aura pas bougé d'un demi-doigt, pauvre âme.